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monjangaia

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C'est un blog d'informations et d'analyses sur l'actualité internationale en général, et, malgache, en particulier.


"El Commandante" s'en est allé.

Publié par Eddy Rabe sur 26 Novembre 2016, 09:32am

Le Lider Maximo, Fidel Castro, a dirigé Cuba pendant près de 50 ans en incarnant d'une main de fer la révolution cubaine.

Le Lider Maximo, Fidel Castro, a dirigé Cuba pendant près de 50 ans en incarnant d'une main de fer la révolution cubaine.

Fidel Alejandro Castro Ruz, connu communément sous le nom de Fidel Castro, est mort hier 25 novembre 2016 dans la nuit à l'âge de 90 ans. C'est son frère, Raul, compagnon de guérilla et son successeur au pouvoir, qui a annoncé la nouvelle, tôt ce matin. Fidel Castro a dirigé Cuba pendant près de 50 ans après avoir mis en déroute le pouvoir putschiste du général Batista en 1959. Dès son jeune âge, celui qui a incarné la révolution cubaine s'est passionné de politique et s'est inspiré de Marx pour mener son combat contre l'impérialisme américain. Convaincu que seule la prise du pouvoir lui permet d'instaurer la révolution, il a mené l'insurrection contre l'armée de Batista, non sans avoir essuyé des échecs comme l'attaque de la caserne de Moncada en 1953 qui lui a valu une condamnation de 15 ans de prison. Amnistié en 1955, il s'exile au Mexique avec son frère Raul pour préparer la guérilla avec un médecin argentin, un certain Ernesto Che Guevara. La lutte armée s'est alors engagée contre l'armée de Batista jusqu'à la défaite de celle-ci lâchée par les Etats-Unis et l'entrée triomphale des "Barbudos", les troupes de Fidel Castro à La Havane. La révolution est alors en marche. Les entreprises privées, majoritairement américaines, sont nationalisées et une réforme agraire tendant vers la collectivisation des terres est engagée. Les Américains quittent l'Ile et le rapprochement du nouveau pouvoir à l'URSS amène les USA à fermer son ambassade à La Havane. C'est le début de longues années de tensions entre la révolution naissante et son grand voisin, première puissance mondiale. Ces tensions ont été surtout marquées par deux faits majeurs historiques. D'abord, les velléités américaines de vouloir destituer Fidel Castro avec l'affaire de la Baie des Cochons. Des milliers de Cubains exilés avec l'aide de la CIA (service des renseignements américains) ont tenté de renverser l'homme fort de Cuba mais ils ont été mis en déroute par l'armée castriste sur cette fameuse plage. Ensuite, il y a eu l'affaire des missiles russes qui a poussé John Fitzgerald Kennedy à imposer un embargo contre l'Ile. Mais malgré cette mesure contraignante américaine, Cuba a toujours su tirer son épingle du jeu sur le plan économique grâce aux subventions soviétiques. 

Il a tenu tête à 11 présidents américains

Reconnu comme le père de la démocratie cubaine à ses débuts, le Lider Maximo (surnom attribué à Fidel Castro) a notamment désenchanté à partir de la chute de l'URSS. Le pouvoir est contraint de s'ouvrir vers l'extérieur: l'économie est exsangue, orpheline des "perfusions" soviétiques et étranglée par l'embargo. Le peuple réclame plus de libertés notamment sur le plan politique; s'ensuivent ensuite des vagues d'arrestations et de répressions arbitraires qualifiant de ce fait le régime castriste de dictature. Dirigeant déjà le pays d'une main de fer dès le début de la révolution avec le concept de parti unique, Fidel Castro durcit sa gouvernance face à ce qu'il définit comme la dictature impérialiste initiée par les Américains. Cette paranoïa idéologique a conduit à l'emprisonnement de centaines de milliers de Cubains comme autant à l'exil vers la Floride voisine (Etat des Etats-Unis d'Amérique). Ce bras de fer  constant entre Cuba et les Etats-unis a toujours fait songer la Maison Blanche (haut lieu du pouvoir américain) à renverser Fidel Castro mais celui-ci a toujours tenu bon. El Commandante a ainsi tenu tête à 11 présidents américains. C'est la maladie qui l'a contraint à quitter le pouvoir en 2008 laissant sa succession à son frère Raul. Ce dernier plus pragmatique et "libéral" engage le pays vers une ouverture économique plus tournée à l'économie du marché. Ce nouveau cap du régime castriste entame également le dégel des relations entre les USA et Cuba. Un nouveau rapport est alors engagé entre Raul Castro et le président Barack Obama. Les deux hommes marquent ainsi l'histoire entre les deux pays en rétablissant leurs relations diplomatiques symbolisées par l'ouverture de l'ambassade américaine à La Havane, presque 60 ans après sa fermeture. C'est le début de la fin du castrisme dur. 

Dépouille incinérée

Fidel Castro est surtout reconnu pour ses principes inflexibles et la conduite immodérée d'une idéologie. Mais ses prises de position toujours favorables au Tiers-Monde, dont il est l'un des principaux fondateurs du mouvement, ou encore, son combat permanent contre l'impérialisme américain l'ont érigé en un héros des faibles contre les puissants. Son idéologie s'est répandue à travers le monde et il s'est beaucoup investi personnellement, notamment en Afrique, dans des luttes armées pour des causes de libertés ou d'idéologie. Mais ce qui symbolise surtout Fidel Castro, c'est sa capacité à diriger Cuba, ce petit pays de moins de 111.000 Km2, à tenir tête à la première puissance mondiale, dans la dignité, et ce, malgré l'embargo. En dépit des difficultés économiques, Cuba a su enrayer de son territoire l'analphabétisme, et son système de santé gratuit est des plus efficaces grâce au nombre élevé et à une formation de médecins efficiente. Une situation qui a de quoi faire pâlir bon nombre de pays qui sont, de loin, beaucoup plus riches potentiellement que cette ancienne île coloniale espagnole des Caraïbes. On se souviendra aussi de ce grand orateur charismatique qui arrive à prononcer de longs discours électriques et de ses diatribes contre l'impérialisme américain lors de ses interventions sur la tribune des Nations-Unies. De par ce tempérament et ses engagements, l'homme n'a pas toujours suscité la sympathie, loin s'en faut. Il a échappé à des centaines de tentatives d'assassinats mais c'est la maladie, un cancer du colon, qui vient de le terrasser. Une page de l'histoire est tournée comme le reconnaissent les médias internationaux et les nombreux observateurs. Selon ses volontés, sa dépouille sera incinérée ce samedi matin avant les obsèques et les hommages des prochains jours. Le gouvernement cubain a d'ores et déjà décrété neuf jours de deuil national. 

 

EDDY RABE 

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