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monjangaia

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C'est un blog d'informations et d'analyses sur l'actualité internationale en général, et, malgache, en particulier.


Et de deux pour la Côte-d'Ivoire!

Publié par Eddy Rabe sur 9 Février 2015, 18:55pm

Kolo Touré, l'un des frères Touré, brandissant ici le trophée. Lui, qui fait partie de la génération de Didier Drogba à avoir mené 2 fois la Côte-d'Ivoire en finale d'une CAN en 5 participations consécutives, a pu goûter enfin, avec son frère Yaya, à la joie du sacre suprême sur le continent africain avec sa sélection. Images:Eurosposrt

Kolo Touré, l'un des frères Touré, brandissant ici le trophée. Lui, qui fait partie de la génération de Didier Drogba à avoir mené 2 fois la Côte-d'Ivoire en finale d'une CAN en 5 participations consécutives, a pu goûter enfin, avec son frère Yaya, à la joie du sacre suprême sur le continent africain avec sa sélection. Images:Eurosposrt

La CAN 2015 (Coupe d'Afrique des Nations de football) a livré son verdict: les Éléphants de la Côte d'Ivoire ont remporté leur deuxième sacre après celui de 1992. Clap de fin donc pour cette CAN équato-guinéenne qui sera loin de tomber dans les oubliettes.

On se souviendra notamment que le Maroc, pays organisateur désigné initialement par le comité exécutif de la CAF (Confédération Africaine de Football), s'est désisté pour accueillir cette 30ème édition. il a fallu pour la CAF de désigner au pied levé la Guinée-Equatoriale pour sauver la mise. A l'époque, le Maroc évoquait l'épidémie d'Ebola sévissant en Afrique pour justifier son désistement. Mais la CAF n'a pas oublié de rappeler au Maroc qu'en matière de sanctions, elle n'est pas à court d'idées et que son autorité est toujours intacte. Le Maroc, en plein déroulement de la CAN, a été exclu de toute participation pour les deux prochaines éditions (2017 et 2019). Puis viennent les polémiques, sur l'arbitrage surtout. Un fait souvent pointé du doigt dans des compétitions majeures de la sorte, et non imputable uniquement au continent africain, soupçonné d'être favorable au pays organisateur. Et aussi, cette 82ème minute de la demi-finale opposant la Guinée-Equatoriale et le Ghana au cours de laquelle le Ghana menait 2-0 et pendant laquelle le match semblait plié lorsque des pseudo-supporters avaient commencé à jeter des projectiles contraignant les organisateurs à faire évacuer les supporters ghanéens sur une décision inappropriée menant à l'interruption du match pendant de longues minutes. Une tâche indélébile sur le bilan de cette CAN qui était pourtant bâtie sur de bonnes bases sur le plan de l’organisation malgré le peu de temps laissé à la Guinée-Equatoriale au vu du contexte. Un fait inédit sur l'histoire de la CAN qui n'est pas non plus un mal typiquement africain comme le laissent entendre certaines mauvaises langues. Là également, la CAF devra tirer des enseignements pour donner encore plus de crédibilité à cette compétition, qui, au fil des années, ne cesse de valoriser le football africain. Mais il serait inapproprié d'omettre de saluer le courage de la Guinée-Equatoriale pour l'organisation de la compétition. Ou encore de saluer le parcours de son équipe nationale, qui, à un mois du début de la CAN, ne disposait même pas de sélectionneur.

Les larmes d'André

Ainsi, on préfère retenir le côté purement sportif. Ce cru 2015 a livré une prestation de qualité avec son lot de déceptions et de révélations. Notons par exemple, l'Algérie de Christian Gourcuff, grande favorite, n'a pas pu aller jusqu'au bout de ses rêves en croisant sur son chemin un soir de 1/4 de finale la future championne, hyper-réaliste, la Côte-d'Ivoire. Ou encore la République Démocratique du Congo (RDC) qui a effectué un parcours très honorable en se plaçant troisième à l'issue d'une petite finale, celle de Robert Kidiaba, le portier mythique congolais, héros d'un soir, avec en point d'orgue, son dernier match avec les Léopards. Rappelons que la RDC a été qualifiée à participer à cette CAN par "repêchage" en tant que meilleure perdante lors des qualifications. Et que dire de ces larmes de André Ayew, inconsolable à l'issue de la séance des tirs aux buts qui a mené à la victoire des Ivoiriens. Le joueur marseillais, leader de son équipe, a été débordé par la détresse d'une défaite. Il faut reconnaître que les Black Stars étaient supérieurs aux Éléphants sur toute la physionomie du match. Ils avaient maîtrisé le match et se sont procurés plus d'occasions par rapport aux hommes d'Hervé Renard (le sélectionneur français de la Côte-d'Ivoire). Et même aux tirs aux buts, ils avaient mené 2 tirs à 0. C'est dire que lorsque les dieux du foot ont choisi leur camp, l'issue peut parfois devenir cruelle. Et c'est ce qu'ont dû ressentir les Ghanéens en ce soir du 08 février 2015. Un soir de finale qui en rappelle un autre, tout aussi douloureux pour le foot ghanéen. C'était il y a 23 ans au Sénégal. A cette époque, le Ghana d'Abedi Pelé, père de André Ayew, sans son stratège de capitaine, suspendu, s'était déjà incliné en finale face à... la Côte d'Ivoire lors de la CAN 1992. On comprend mieux, face à un tel dénouement de l'histoire la détresse de "Dédé" Ayew. Lui qui aurait voulu saisir l'occasion pour "venger" son père. Lui qui a tant donné lors de cette finale, en ayant même transformé son tir au but, tout comme son petit frère, Jordan. La seule consolation pour le numéro 10 des Black Stars restera donc sa consécration de meilleur buteur venant récompenser sa très bonne prestation lors de cette CAN 2015. Pas sûr que cela lui réconfortera pleinement!

Copa Barry, ce héros

Et l'histoire retiendra donc que les Éléphants auront remporté leur deuxième étoile africaine face au Ghana. Comme il y a 23 ans lorsque la Côte-d'Ivoire a gagné son premier trophée. C'était déjà à l'issue d'une séance de tirs aux buts. La bande à Kolo Toure n'a pas démérité tant elle a fait preuve de réalisme et d'expérience durant la compétition. Et le football est un sport où la victoire s'obtient en inscrivant plus de buts que son adversaire. Les Ivoiriens ont su le faire au moment où il a fallu le faire. C'est une belle fin donc pour la "génération maudite", celle des Drogba, des frères Touré, des frères Kalou, des Zokora, des Gervinho. Cette génération qui a mené la Côte-d'Ivoire deux fois en finale en cinq participations consécutives aura donc désormais effacé leur sordide appellation en soulevant enfin le "graal" au moment où elle allait passer la main et à la première compétition après la retraite internationale de son emblématique capitaine, Didier Drogba. Il a été donc dit que le légendaire attaquant de Chelsea ne connaîtrait pas les joies de la victoire continentale comme ses anciens coéquipiers de la sélection, Yaya et Kolo Touré ou encore Copa Barry. Toute finale accouche toujours d'un héros, dit-on. Celle de la CAN 2015 n'a pas dérogé à la règle, elle a choisi justement Copa Barry. Le gardien des Eléphants, non pressenti titulaire lors de cette finale, a délivré les siens pendant les tirs aux tirs. Celui, dont la sélection est fortement critiquée dans son pays, est devenu le héros de tout le peuple ivoirien. Ainsi va le football. Il faut retenir enfin que le succès de la Côte-d'Ivoire revient aux mérites de leur sélectionneur qui est resté humble durant la compétition tout en ayant su insuffler les bons mots à ses hommes pour monter en puissance. La CAN 2015 aura donc été aussi la consécration d'Hervé Renard en étant le premier sélectionneur à avoir remporté 2 CAN avec 2 sélections différentes (2012 avec la Zambie), une belle récompense donc pour cet entraîneur, habitué et connaisseur du football africain. Le football ivoirien, le peuple ivoirien jubile. C'est tout à fait compréhensible et légitime après 23 années de disette pour cette grande nation du football africain. C'est d'autant compréhensible car la Côte-d'Ivoire est devenue reine du ballon rond africain, et ce, pendant 2 ans au moins. Rendez-vous en 2017!

Eddy Rabe

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